Soirée Davel 2016

Soirée Davel 2016

Pour la deuxième année consécutive, la SVO a organisé sa soirée Davel annuelle, qui s’est cette fois tenue le 12 octobre. Cette soirée vise à commémorer la naissance du Major Abraham Davel en réunissant les membres de la SVO pour aborder la vie du Major et débattre de sujets d’actualité.

Cette année, le thème s’est imposé facilement : les élections présidentielles américaines, qui se tenaient quelque trois semaines plus tard.

Pour débattre de cette question, il était tout d’abord indispensable de nous attarder sur le mode de scrutin de cette élection, souvent méconnu. C’est ainsi au plt Edouard Hediger qu’est revenue cette tâche. Le plt Hediger a ainsi pu nous expliquer les modalités de cette élection qui, rappelons-le, est un scrutin indirect, le président et son vice-président étant élus par le collège des grands électeurs.

La logique constitutionnelle est finalement compréhensible pour un habitué du système helvétique : le sommet de l’exécutif gouverne une fédération d’états et ce sont donc les représentants de ces états qui élisent leur tête. Chaque état reçoit un nombre de grands électeurs équivalent à leur nombre de sénateurs, soit deux par état, et de représentants, ce nombre étant proportionnel à leur poids démographique. Ceci n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’élection de notre Conseil fédéral par l’Assemblée fédérale, soit par nos « sénateurs » du conseil des États et nos « représentants » du conseil national.

Ce sont ces grands électeurs, affiliés à un candidat, qui sont élus lors de l’Election Day, chaque état choisissant son système électoral. Ces grands électeurs élisent ensuite formellement le nouveau président. Presque tous les états prévoient que le candidat recevant la majorité des voix de l’état se voit attribuer la totalité des grands électeurs de cet état, ce qui explique qu’il arrive que le président puisse être élu par la majorité des grands électeurs, alors qu’il n’a pas reçu la majorité des voix du peuple, ce cas de figure s’étant produit cinq fois dans l’histoire américaine, dont en 2016.

Le système électoral précisé aux participants, il était temps d’aborder le vif du sujet, soit l’élection ayant opposé Hillary Clinton à Donald Trump. Pour nous entretenir de ces sujets, nous avons eu l’honneur de recevoir deux personnalités de renom. La discussion a été ouverte par le Dr Daniel Warner, politologue américano-suisse, qui a notamment oeuvré comme conseiller pour le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU ou l’OTAN, comme consultant pour le DFAE et a enseigné dans de nombreuses universités, dont Oxford, Yale ou Moscou. Le Dr Warner nous a présenté les candidats et surtout ce que la popularité de Donald Trump pouvait révéler de la société américaine et de ses fractures, raciales, mais aussi économiques : le phénomène croissant des working poors ne peut qu’alimenter le ressentiment à l’égard de l’establishement. Le Dr Warner relève aussi la crise du système éducatif en raison du coût des études universitaires, coût qui est régulièrement assumé par des prêts qui poussent les diplômés à se détourner de l’action publique pour rejoindre le secteur privé, plus rémunérateur.

À la suite de la présentation du Dr Warner, la parole a été cédée à l’ancien ambassadeur de Suisse à New-York, M. Raymond Loretan, qui a également assumé la présidence de la SSR, mais aussi le commandement d’une compagnie d’infanterie de montagne avant d’achever ses obligations de service au renseignement militaire. M. Loretan a pu exposer les enjeux de ces élections pour la Suisse. Il n’a pas manqué de relever que, depuis 1945, le monde n’a jamais été aussi dangereux. La situation géopolitique change de façon importante et rapide et les équilibres actuels sont bousculés. Or, aucun des deux candidats n’est à même d’assurer une stabilité claire, sans omettre le rôle important du Congrès, dont on ignorait le degré de compatibilité avec le futur président tant les deux candidats étaient contestés également au sein même de leur propre partis. La conclusion était implacable : on ne peut se reposer sur les États-Unis dans un monde risqué ; il faut pouvoir prendre en mains notre sécurité, aujourd’hui comme demain.

Of spec (maj) Sébastien Thüler, chef communication SVO

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