Commémoration 2016 du 24 janvier

Commémoration 2016 du 24 janvier

« Y en a point comme nous ! »

« Le poète Gilles aimait à dire qu’on avait « un bien joli canton » et il aimait à dépeindre les vaudois comme des épicuriens inquiets quoique nonchalants, bien-pensants mais tolérants, modestes et malicieux, indécis sauf pour trois décis : des « tout bon types » en somme » (www.lausanne.ch/sous-site/mrv/expositions-temporaires/y-en-a-point-comme-nous.htm)

« Y en a point comme nous !», c’est sûr. Cette année encore, comme pour confirmer cela, la Société Vaudoise des Officiers a réuni ses invités en l’Aula du Palais de Rumine, le 24 janvier, pour commémorer l’indépendance vaudoise. Ajoutant au faste de la salle une fanfare, les drapeaux et étendards des corps de troupe vaudois, le banneret cantonal et sa bannière, des carabiniers en costume d’époque et le drapeau de la SVO, la cérémonie avait fière allure.

« Y en a point comme nous !», c’est sûr. Madame la conseillère d’État Béatrice Métraux, citant le poète Gilles, l’a rappelé tout en louant les valeurs et le dynamisme du canton. C’est peut-être parce que le vaudois « habite dans le seul canton romand qui s’appelle encore Pays », qu’il y en a point comme lui, fait remarquer le lieutenant-colonel EMG Pierre Streit. Il ajoute que feu le capitaine Jean-Pascal Delamuraz, membre d’honneur de la SVO, trouvait le terme Pays non usurpé « dans la mesure où il produisait tout (le sel, le pain, le vin) et qu’il offrait tous les paysages suisses (Alpes, Préalpes, Jura, Plateau et son lac) ».

C’est ce vaudois qui a toujours « un peu honte d’être fier autant qu’il est fier d’être modeste », dit le lieutenant-colonel EMG Pierre Streit, « qui fût le héros bien malgré lui de la révolution vaudoise, même si la libération du Pays de Vaud en 1798 a été fabriquée en réalité… un siècle plus tard ». C’est là, explique-t-il, que le major Davel, pionnier de l’indépendance, torturé et mort sur l’échafaud le 24 avril 1723, devient aux côtés du pasteur Martin de Mézière une figure marquante de l’héroïsation vaudoise. Le directeur scientifique du centre d’histoire et de prospective militaires souligne de concert avec la Cheffe du Département des institutions et de la sécurité, le rôle joué par l’Empereur Alexandre Ier, élève de Frédéric-César de la Harpe, pour soustraire définitivement les vaudois à l’influence bernoise. Le Tsar de toutes les Russies appuie d’un poids ferme sur la Sainte-Alliance en 1814 et fait renaître la Suisse des 19 cantons.

Cent cinquante invités réunis pour célébrer l’entrée du canton de Vaud dans la Confédération aurait semblé au brigadier Mathias Tüscher plus à propos que de les voir commémorer une révolution. Car, dit le commandant de la 2ème brigade d’infanterie, les révolutions sont rarement belles, souvent pleines de souffrances et généralement l’expression de la lutte d’un petit nombre cherchant à s’accaparer les privilèges d’une élite. Ainsi en est-il allé en pays de Vaud, souligne Pierre Streit :« la petite troupe de patriotes montée à Paris pour plaider la démocratie représentative visait surtout à élargir le cercle des privilégiés et à siéger elle aussi à Berne ». Il ajoute que les vaudois sont restés fort prudents et relativement circonspects face à l’agitation des français, redoutant que la Terreur ici aussi ne s’installe, et leur accueil a été plutôt mesuré.

Si les révolutions sont souvent violentes, elles portent dans les mythes qui les façonnent des valeurs simples et légitimes. Ce sont ces valeurs qui doivent guider l’action politique d’aujourd’hui comme de demain souligne la présidente du Grand Conseil, Madame Roxanne Meyer Keller. Marraine par sa fonction, elle a remis officiellement à la Société Vaudoise des Officiers, le drapeau rouge à croix blanche, brodée de lettres d’or, dont cette dernière s’est récemment dotée. Notre drapeau a ainsi officiellement été reçu par sa société !

Le 218e anniversaire de l’indépendance vaudoise a vécu le 24 janvier dernier. À l’apéro qui a suivi, personne ne s’est laissé aller à dire « j’aimerais boire un verre » mais plutôt « je ne suis pas contre » et personne n’a osé affirmer « j’aime le blanc », tous ont abondamment martelé « qu’ils ne détestaient pas ça », selon la tradition relevée par Pierre Streit.

Maj EMG Philipp Zimmermann, président groupement Lausanne SVO
Photos : plt Guillaume Weber (www.explorateur.ch)

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