Démo ER inf 3

Démo ER inf 3

Le 6 juin dernier, le groupement Nord a invité tous les membres de la SVO à assister à une démonstration de l’école de recrues de l’infanterie 3, sur la place d’armes de Chamblon.
C’est dans la caserne de Chamblon que nous avions rendez-vous, afin de nous munir de biscuits, de chocolats et surtout de tampons auriculaires. Le col EMG Matthias Tüscher, membre de la SVO et commandant de l’ER inf 3, nous a tout d’abord introduit à la FOAP inf, en nous décrivant la structure de la FOAP inf, ses différentes écoles et emplacements avant de nous accompagner dans le terrain pour assister à la démonstration. Une trentaine de membres de la SVO étaient présents, véhiculés dans des Duro pour assister à deux postes de démonstrations. Nous avons commencé par découvrir la nouvelle structure d’une section d’infanterie, avec ses deux demi-sections et ses deux officiers.

La sct inf

La section d’infanterie est composée de 48 hommes:

  • 1 chef sct (of)
  • 1 rempl chef sct (of)
  • 2 sof éq (sof)
  • 4 chefs de groupe (sof)
  • 8 équipage (sdt)
  • 4 cond Dura mat (sdt)
  • 28 pers trp (sdt/app)

Le groupe inf comporte:

  • 1 sof
  • 7 sdt
  • 2 équipage
  • 1 cond Duro

Les chars Piranha 8×8 ou le GMTF font partie intégrante du groupe et est accompagné dans les phases de logistique et de réorganisation d’un Duro mat dans lequel est stocké le matériel et la munition supplémentaire.
Pour accéder à des informations techniques sur le GMTF, vous pouvez cliquer ici ou ici.

Les spécialisations du groupe inf sont les suivantes

  • 2x PzF
  • 2x FM 05 (fusil mitrailleur)
  • 2x Explo / spécialiste effraction

De plus, on trouve en spécialisation supplémentaire:

  • 1x chef équipe (remplaçant du chef gr)
  • 1x tireur TIFLU (tireur fusil à lunette)
  • 1-2x lance grenade additionnel 40mm
  • 1x spécialiste san

De base la section d’infanterie est composée de 4 groupes qui peuvent être engagés ou combinés de manière complémentaire en fonction de la mission et du terrain.
Il apparaît clairement que les tâches principales au niveau de la section et du groupe sont basées sur des actions de contact, obligeant la troupe à se mêler au milieu. À cet effet, la quaternisation[1] de la section est un réel succès et permet une liberté d’action essentielle face à la volatilité des menaces actuelles. Cette organisation octroie une capacité d’autodéfense, d’action et d’appui mutuel très élevée d’une part par ces petits éléments d’engagement (équipe/groupe, voire demi-section), mais d’autre part un équipement et un armement vastes et complets.

Premier poste

Le premier poste mettait en scène un village où une section allait chercher des informations, grâce, notamment, à un contact parmi les partisans du village. Tous les rôles étaient joués par des recrues elles-mêmes. L’idée est d’engager une OPFOR (Opposing Force) la plus réaliste possible. De ce fait, des recrues jouaient, par exemple, le rôle de jeunes jouant au football au milieu du village.
Alors qu’une demi-section s’approchait du village pour en sécuriser l’entrée à l’aide d’un checkpoint, l’autre demi-section pénétrait dans le village. A ce moment, une détonation s’est produite au milieu du village, faisant des blessés au sein des villageois comme des militaires. La réaction de la section a donc été mise à épreuve: sécurisation du périmètre, évacuation des blessés et fouille des bâtiments, par exemple.

Les principes de l’Action en Zone URbaine (AZUR) répondent à l’évolution de la menace pour l’infanterie dans le cadre des conflits actuels ou probables qui se déroulent essentiellement dans les villes. Sans être une réelle révolution, il s’agit de compléter et d’adapter les techniques du « Combat de maison et de localité (CML) », en particulier en y intégrant les moyens de contrainte au niveau individuel et collectif en milieu bâti. Il s’agit désormais davantage de persuader dans la durée, par le dialogue et le contact, que de s’imposer sur le court terme, par la contrainte et la capacité de destruction.
De plus, les notions élémentaires d’effraction semi-brutale et brutale, ainsi que la sensibilisation au piégeage doivent gagner en importance afin d’être en adéquation aux besoins du théâtre d’opération.

Les armes et munitions ont également évolué dans ce sens avec l’acquisition de l’assortiment outils passe-partout (kit effraction) et de corps de diversion 1, 2 ou 9 bangs pour remplacer la gren main 85. Cette munition déstabilise l’adversaire par aveuglement et assourdissement, ceci de manière non-léthale.

Deuxième poste

A proximité du stand de tir 300m de Chamblon, sur la bute surplombant les KD-box, nous nous sommes retrouvés devant un modèle-terrain, prêts pour assister à la donnée d’ordre d’un chef de section. Il s’agissait d’éliminer avec un TIFLU deux gardes adverses pour laisser le reste de la section effectuer la fouille de deux bâtiments. Nous avons pu apprécier l’approche d’une sct inf en milieu adverse, l’engagement des armes à balles réelles ou encore de corps de diversion, ainsi que l’évacuation d’otages ou de blessés.

La démonstration s’est terminée avec un verre de l’amitié et un apéritif dînatoire.

Chaleureux remerciements au Lieutenant-colonel EMG Patrick Huber, membre SVO et cdt bat car 1, coauteur de cet article.

Footnotes    (↵ returns to text)

  1. La quaternisation est le changement de structure de la section d’infanterie par le passage à 4 groupes d’infanterie au lieu de 3. On parle généralement du 4 – 4 – 4 pour avoir 4 compagnies, 4 sections à 4 groupes au niveau des corps de troupe. Ce principe permet d’appliquer la notion de CARE: Contact – Appui – Renfort/Réserve – Effort principal.

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